Corfou. Là où l'eau se souvient de la lumière.
- il y a 23 heures
- 1 min de lecture

Parfois, Corfou me revient non pas comme une image, mais comme une sensation. Non pas comme une plage, non pas comme un itinéraire, non pas comme le nom d'une baie, mais comme la couleur de l'eau, impossible à décrire en un seul mot.
Ici, la mer n'est jamais simplement bleue. Le matin, elle est presque transparente, comme si la lumière la traversait. En journée, elle est dense et riche, d'un turquoise irisé et d'une grande profondeur. Et vers le soir, une douceur s'installe, comme si le jour avait décidé de ralentir.
Je me souviens souvent de ces moments de solitude. Un bateau qui prend son temps. Des maisons qui se reflètent dans l'eau, imparfaitement, légèrement floues, comme un souvenir. Des montagnes à l'horizon qui n'oppriment pas, mais qui offrent un espace.
Corfou a toujours été ainsi pour moi : discrète, sans ostentation, sans recherche d'attention. Elle n'appelle pas, elle attend.
Et si l'on s'arrête, si l'on ne surcharge pas ses journées de projets, si l'on ne cherche pas « le plus bel endroit », on réalise soudain combien le calme règne en elle. Comme si le monde, l'espace d'un instant, cessait d'exiger une réaction et se laissait simplement être.
Cette île m'a appris à regarder non pas les événements, mais la lumière. Non pas la quantité des impressions, mais leur profondeur. Et c'est peut-être pour cela qu'elle revient si facilement – dans les fleurs, dans l'eau, dans des lignes sans commencement ni fin.
Corfou demeure en moi non comme un point sur une carte, mais comme un état auquel je peux toujours me réfugier par la pensée.




Commentaires